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Ghislaine Cotentin

Professeur de Lettres

L'essai : une réflexion argumentée
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Qu'est-ce qu'un essai ? 

Un genre littéraire

L’essai est un genre littéraire : on se reportera à sa présentation générale, puis à l’analyse de ses fonctions et de ses principales caractéristiques.

 

Un exercice d'écriture au baccalauréat

Un nouveau type d’exercice est introduit dans l’épreuve écrite de français au Baccalauréat pour les séries technologiques : la  contraction de texte (cf. onglet « contraction ») suivie d’un essai, dont le Bulletin officiel n° 17 du 25 avril 2019 précise la forme et les attendus., l'exercice prenant comme support initial le texte à contracter.

Frontispice des Essais de Montaigne 

"La contraction de texte suivie d'un essai permet d'apprécier l'aptitude à reformuler une argumentation de manière précise, en en respectant l'énonciation, la thèse, la composition et le mouvement. Elle prend appui sur un texte relevant d'une forme moderne et contemporaine de la littérature d'idées. D'une longueur de mille mots environ, ce texte fait l'objet d'un exercice de contraction au quart, avec une marge autorisée de plus ou moins 10 %. Le candidat indique à la fin de l'exercice le nombre de mots utilisés.

Le sujet de l'essai porte sur le thème ou la question que le texte partage avec l'œuvre et le parcours étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle. Pour développer son argumentation, le candidat s'appuie sur sa connaissance de l'œuvre et des textes étudiés pendant l'année ; il peut en outre faire appel à ses lectures et à sa culture personnelles.

Cette production écrite est notée sur 20 : la  contraction de texte sur 10 et l'essai sur 10."

Note de service n° 2019-042 BO n°17 du 25 avril 2019​

Dans la mesure où il demande une argumentation, l’essai a des points communs avec la dissertation : on attend une introduction, un développement structuré proposant une argumentation progressive, et une conclusion. Mais il reste beaucoup plus bref, et, surtout, plus libre, à la fois dans

- son énonciation : il est possible de choisir un discours neutre, rendu impersonnel par le pronom indéfini "on", ou plus subjectif, à la 1ère personne du pluriel ou même par l'emploi du pronom "je"singulier ;

- sa tonalité : selon la formulation du sujet et la position adoptée par le candidat, il peut recourir à différents registres, par exemple didactique, satirique, polémique.

- le choix des exemples qui soutiennent l’argumentation : ils sont empruntés à l’œuvre et aux textes étudiés dans le/s parcours associé/s, à choisir entre

  • Montaigne, Essais, "Des Cannibales", I, 31 ; [translation en français moderne autorisée] / parcours : Notre monde vient d'en trouver un autre.

  • Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à IX) / parcours : Imagination et pensée au XVIIe siècle.

  • Voltaire, L'Ingénu / parcours : Voltaire, esprit des Lumières.

Mais rien n’interdit à l’élève, à partir de ses propres lectures, d’enrichir sa réflexion par des exemples empruntés à l’actualité par exemple.

La réussite d'un essai suppose donc trois types de connaissances :

- des connaissances littéraires précises, à la fois sur les textes étudiés, mais aussi, plus générales, sur les registres (aussi nommés "tonalités") littéraires : il est essentiel de connaître les thèmes, les procédés d'écriture qui les caractérisent, et de savoir mesurer les effets que l'écrivain cherche ainsi à produire sur ses lecteurs.

- celles relevant de l'histoire littéraire : les mouvements, les conditions réservées aux écrivains selon les époques...

- celles relevant de la stylistique : les deux fondements de l’écriture de l’essai sont l'énonciation, et l’argumentation, elle-même complétée par les procédés de la modalisation.

Analyser la consigne : les enjeux du sujet

Sujet 1 : En quoi l’esprit critique, prôné au XVIII° siècle, reste-t-il une exigence à notre époque ? » (sujet proposé en lien avec L’Ingénu de Voltaire et le parcours « Voltaire, esprit des Lumières »)

Sujet 2 : « Notre civilisation est la somme de connaissances et de souvenirs accumulés par les générations qui nous ont précédés. Nous ne pouvons y participer qu’en prenant contact avec la pensée de ces générations. », déclare l’écrivain André Maurois en mai 1961 dans Le Courrier de l’Unesco. Quelle importance accordez-vous vous-même à l’expérience des générations précédentes ? (sujet proposé en lien avec Les Fables de La Fontaine et le parcours « Imagination et pensée au XVIIème siècle » )

Sujet 3 : Partagez-vous l’opinion de ceux qui, comme dans l’extrait de Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss, critiquent aujourd’hui le tourisme ?  (en lien avec « Des Cannibales » de Montaigne et le parcours « Notre monde vient d’en trouver un autre »)​

Dans ces trois cas, la consigne est complétée par une indication précise des modalités de choix des exemples : « Vous répondrez à cette question dans un développement structuré. Votre travail prendra appui sur le texte support de la contraction, sur l’œuvre étudiée dans l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle », sur les textes et documents qui lui ont été associés dans le parcours littéraire, et sur vos lectures personnelles ».

Comparons la formulation de la consigne dans ces trois sujets. Comme dans la dissertation, la forme de la question indique qu’est attendue,

- tantôt une analyse, qui doit soutenir l’opinion avancée car la question, fermée par "en quoi", n'ouvre aucun débat, comme dans le 1er sujet. Comme pour toute consigne, la clé est donnée par le verbe, ici "reste", qui implique de comparer deux époques, le "XVIIIème siècle" et "notre époque". L'on explicite ensuite le sujet du verbe, "l'esprit critique, prôné", c'est-à-dire l'éloge qui en est fait au siècle des Lumières, puis son attribut, "une exigence", c'est-à-dire qu'il serait encore absolument indispensable. 

- tantôt une discussion, mais l'essai, subjectif,  ouvre plus de liberté que la dissertation, car l'argumentation peut être aussi bien analytique, en n'envisageant qu'une réponse unique, ou être dialectique, c'est-à-dire ouvrir un débat, en deux temps, sous forme concessive : "Certes" pour permettre à un adversaire de présenter ses arguments, "Mais" pour affirmer sa propre opinion.

  • comme dans le sujet 3 : la question implique la possibilité de répondre « oui » ou « non », voire d’envisager les deux aspects, approbation ou rejet.

  • comme dans le sujet 2 : le point de départ de la réflexion est une citation, par rapport à laquelle le candidat doit se déterminer. Il peut, là aussi, soutenir cette opinion, ou la contredire, voire envisager ces deux aspects.

Préparer l'essai au brouillon : élaborer l'argumentation
écrire-un-essai-1.jpg

Dans l'épreuve du baccalauréat, l'essai a un double support

·         le texte qui a fait l’objet de la contraction : le candidat a donc eu déjà l’occasion d’en dégager l’argumentation, c’est-à-dire l’opinion formulée par son auteur et les exemples qui la soutiennent. Il a donc mesuré la dimension critique, l’analyse ou l’éloge proposé, et doit être capable de porter lui-même un jugement crique, accord ou rejet de cette opinion.

·       l’œuvre, les textes étudiés dans l’année dans l’objet d’étude, et l'éventuelle lecture cursive : « Littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle ». Vu les siècles envisagés, il sera attendu du candidat l’aptitude à une comparaison avec la situation actuelle : l’opinion est-elle encore pertinente, appropriée – ou plus contestable – au XXIème siècle ?

Observons...

Les basses époques voient grandir et proliférer les peurs collectives. Nos contemporains ont peur de tout. Ils redoutent, nous venons de le rappeler, la surpopulation du globe ; ils croient déjà que leurs descendants ne trouveront plus de place dans les foules qu’ils imaginent peuplant notre planète et, comme on leur dit qu’alors l’humanité mourra de faim, ils croient préférable que la terre se dépeuple.

 

Lorsqu’on leur montre que les fléaux épidémiques disparaissent, que le moment approche où les pestes ne ravageront plus des populations entières, alors on entend cette remarque : « Mais d’autres fléaux terribles vont surgir, que vous ne saurez pas dominer… »

 

Les progrès de la santé publique dans les pays misérables et déshérités sont présentés comme des résultats fâcheux d’un humanitarisme aveugle puisque la survie des pauvres va augmenter le nombre des bouches à nourrir.

 

Chaque progrès de la science effraie…

 

Le Moyen Âge qui connut une grandiose et admirable floraison eut aussi une basse époque qui connut la grand peur. Nous visons une sorte de Moyen Âge, et l’on est tenté de penser que, si la peur de l’an mille fut celle de l’ignorance et de la superstition, la peur de l’an deux mille, celle de la science et de la technique, est pour notre basse époque plus terrifiante encore.

 

La peur de l’avenir que ressent chacun pour les siens et pour l’humanité n’est pas sans jouer un rôle dans la faveur dont jouissent tant de fausses sciences.

 

Au cours des siècles passés, régnaient la croyance aux sorciers, la confiance dans les charlatans, les diseurs de bonne aventure, les astrologues, les visionnaires. A cours du XVIII° siècle, le développement de l’esprit critique diminua leur influence et souvent on en riait. Voici qu’à présent il est de bon ton de ne pas accepter les justes méthodes, les démonstrations rationnelles et les expériences valables de la science « officielle », c’est-à-dire de la vraie science, mais de lui opposer le succès de ceux qui guérissent des maux incurables par l’imposition des mains ou l’ingestion d’une tisane bien composée. L’hypnotisme et le somnambulisme renaissent. Aux efforts difficiles de la psychologie pour acquérir les caractères d’une science, on oppose la parapsychologie et ses fantaisies. Des chimères se mêlent aux sottises. La radio et la télévision prédisent à chacun son avenir personnel, ses difficultés d’argent, ses peines de cœur et toutes les aventures de sa vie en lui rappelant qu’il est né sous l’influence d’une constellation ou d’un astre.

 

On nous dit que jamais les magnétiseurs, les radiesthésistes, les diseurs de l’avenir n’ont eu autant de succès.

 

Que penser du masque scientifique dont se couvrent la parapsychologie et la psychocinétique pour nous raconter des histoires de cuillers et de fourchettes qui se tordent sous l’influence d’un simple regard ?

 

Comme dans toutes les basses époques, c’est la diffusion de cette crédulité qui manifeste la défaite du bon sens et de la raison. Même chez certains qui se disent ou se croient éclairés, cet appel à l’irrationnel se propage. Point d’effort pour comprendre – il n’est pas toujours simple d’y parvenir –, mais plutôt la recherche d’un refuge vers les mystères ou l’abri que procure une crédibilité qui va souvent jusqu’à la sottise.

 

Quel succès pour les soucoupes volantes ! Enquêtes, interrogations de témoins, interprétations naïves remplissent parfois les colonnes des journaux et occupent des heures d’émissions radiophoniques. Certains paysans éprouvaient encore au XIX° siècle la crainte des feux follets qui dans la nuit les poursuivaient lorsqu’ils couraient autour de la Mare au Diable, alors que déjà on savait que les bulles incandescentes de gaz méthane n’avaient rien de diabolique…

 

Ce retour vers les errements et surtout les terreurs du passé n’est pas un bon signe.

Robert Debré, Ce que je crois, 1976, éd. Grasset

Ce texte de 615 mots est un peu plus court que celui prévu pour l’EAF, d’environ 1000 mots. Cependant, il est un support intéressant en lien avec la réflexion sur « l’esprit des Lumières ». Nous allons nous appuyer sur deux sujets : 

  • Sujet 1 : En quoi l’esprit des Lumières serait-il utile pour répondre aux inquiétudes formulées par Robert Debré ?

  • Sujet 2 : Considérez-vous, comme Robert Debré, que notre époque fasse preuve d’une « crédulité qui manifeste la défaite du bon sens et de la raison » ?

Questions complétées par : Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur le texte de Robert Debré, sur l’œuvre étudiée, L’Ingénu de Voltaire, et le parcours associé, ainsi que sur vos lectures personnelles. 

Analyse de la consigne

Dans les deux cas, la question est directe.

- Dans le sujet 1, la formulation de la question introduite par « en quoi », appelle un essai analytique : il s’agit de montrer l’utilité de « l’esprit des Lumières », notion qui fonde le parcours associé à l’étude de L’Ingénu, « Voltaire, l’esprit des Lumières ». Cependant, rien n’interdit à un élève de nuancer cette utilité : il est possible d’ouvrir l’essai par une première partie qui marquerait les limites de la réflexion du XVIII° siècle appliquée à notre époque. Une première partie, car la question induit que l’argumentation doit nettement insister sur l'utilité : la seconde partie doit donc l'emporter pour convaincre le lecteur. 

- Dans le sujet 2 : La question reste ouverte, avec une réponse possible « oui » ou « non ». Le développement peut alors, compte tenu de la subjectivité propre à l'essai :

·  rester analytique : l’élève se limite à un seul choix, approuver l’opinion de  Debré, ou la contester ; il construit alors 2 ou 3 axes pour poser ses arguments, soutenus par des exemples.

·   être dialectique, c’est-à-dire envisager le double aspect, donc un développement en deux parties, en envisageant d'abord des arguments adverses, pour placer, en seconde partie, son propre jugement définitif.

Jean Huber, Le Dîner des philosophes, 1772 ou 1773, Voltaire Foundation, Oxford

Jean Huber, Le Dîner des philosophes, 1772 ou 1773, Voltaire Foundation, Oxford

Recherche des arguments

        Pour le sujet 1

La contraction du texte a déjà conduit à comprendre les « inquiétudes » de R. Debré. Il est utile de les récapituler rapidement au brouillon : « la peur de tout », une crainte des « progrès de la science », le retour en force des « fausses sciences », la « crédulité » et « l’appel à l’irrationnel ». Le texte donne de nombreux exemples, mais le candidat peut les enrichir en pensant, par exemple, à la question de l’écologie aujourd’hui, aux « fausses nouvelles » et rumeurs dans les médias, à la remise en cause de pratiques médicales telle la vaccination…

Quelles aides pourrait alors fournir « l’esprit des Lumières » pour combattre ces « inquiétudes » ? Le candidat peut puiser

  • dans L’Ingénu de Voltaire : récapituler des exemples sur les formes de lutte contre l’intolérance religieuse et les superstitions – la critique du fait d’accuser et d’emprisonner sans preuve et sans réel procès, sur une simple dénonciation – l’importance de l’instruction avec un effort d’esprit critique sur les textes eux-mêmes – l’éloge du respect d’autrui, avec une compassion pour ses souffrances…

  • dans ses connaissances sur le XVIII° siècle acquises grâce au parcours associé et aux lectures cursives. On pensera notamment à l’importance de l'Encyclopédie et des autres dictionnaires de cette époque, à la démarche expérimentale souvent pratiquée dans les textes de cette époque, avec un souci d’analyser, d'expliquer et de prouver une opinion, et, surtout, au primat de la raison et du respect de la vie et de la dignité humaine.

 

         Pour le sujet 2

La contraction du texte a déjà conduit à relever des exemples de la « crédulité qui manifeste la défaite du bon sens et de la raison », qui sont récapitulés rapidement : croire en des peurs irraisonnées, de surpopulation ou d’épidémies insolubles, croire en toutes sortes de « superstitions » et rejeter la science « officielle » pour croire en de pseudo-sciences, croire en toutes les rumeurs, les plus « irrationnelles », telles celles sur les soucoupes volantes.

Selon le choix du candidat :

  • Il peut amplifier l’opinion de Robert Debré en l’appliquant à l’actualité : les peurs liées à l’environnement, par exemple celles les collapsologues,  le rôle croissant des « fausses nouvelles » et rumeurs dans les médias, notamment à travers les réseaux sociaux, la remise en cause de pratiques médicales telle la vaccination. Il s’agit alors de montrer la fausseté de ces croyances, en reprenant « l’esprit critique » des Lumières, étudié grâce à L’Ingénu et au parcours associé. On pensera notamment à l’importance de l’Encyclopédie et du recours à des dictionnaires, à la démarche expérimentale souvent pratiquée dans les textes de cette époque, avec un souci d’analyser et de prouver une opinion, et, surtout, au primat de la raison et du respect de la vie et de la dignité humaine. Enfin, le candidat pourra insister sur le rôle de l'ironie.

  • Il peut contester l’opinion de Robert Debré en soulignant les luttes de notre époque contre « la crédulité », et les armes dont nous disposons pour accroître notre « raison » : une instruction qui se développe partout dans le monde, avec une scolarité plus longue, avec la mondialisation qui fait circuler les informations, tous les moyens de vérifications dont nous disposons en nous servant d’Internet de façon pertinente, avec une vérification des sources et en croisant les informations, enfin l'insistance sur la volonté des citoyens de recevoir une information fiable, par exemple lors d’épidémies ou de catastrophes naturelles.

  • Il peut combiner les deux approches, pour souligner le débat, en réservant un axe à chacune ; le second représente le jugement définitif du candidat.

Construction du plan

Cette 1ère étape de la réflexion occupera environ 1/2 heure sur les 2 heures restant imparties au travail d'écriture, après la contraction. Elle a conduit à des notes encore très désordonnées, qu’il faut ensuite organiser en construisant l'argumentation. Après avoir décidé des axes (2 ou 3 selon les cas), il convient de classer les arguments, soit par ordre d'importance croissante, soit du plus immédiatement évident au plus complexe. À chaque argument correspond au moins un exemple précis.

Pour le sujet 1 : un plan analytique

AXE 1 : L'importance de l'instruction et de l'éducation

Pour marquer le lien entre le XVIII° siècle et notre époque, l'argument se développe en deux temps, deux paragraphes. 

- Montrer le rôle qu’a pu jouer au XVIIIème siècle la diffusion des connaissances :

EXrôle de l’Encyclopédie, le Dictionnaire philosophique de Voltaire, mais aussi le développement de la presse, le rôle des salons et des cafés… Dans L’Ingénu, les lectures variées de l’Ingénu en prison, qui développe son esprit.

- Insister sur son importance aujourd’hui pour dépasser les « peurs » aveugles :

EX : Le rôle de l’école, le développement des bibliothèques, les moyens d’information tel Internet à condition d’apprendre à mesurer la fiabilité des sources. On peut, par exemple, appliquer cela aux « peurs » liées à l’environnement : mieux comprendre les efforts accomplis, les gestes individuels pour lutter contre le réchauffement climatique ou contre le gaspillage…

ARGUMENTS : les caractéristiques de "l'esprit des Lumières" qui aideraient à répondre aux "inquiétudes" de Debré sur le monde actuel

AXE 2 : L'appel à la raison du lecteur

Pour la même raison, l'argument se développe en deux temps, deux paragraphes. 

- Rappeler comment les philosophes du XVIIIème ont entrepris de valoriser la raison, faculté propre à tout être humain, en insistant sur le rôle de l’esprit critique :

EX :  le personnage de l’Ingénu quand il est confronté, par exemple, au baptême, quand il rencontre les huguenots et réfléchit à leur exil, en insistant sur son évolution. On peut aussi penser à la démarche expérimentale, par exemple adoptée par Fontenelle dans l’extrait célèbre de « La dent d’or ».

- Comment l'esprit critique peut-il être favorisé aujourd’hui ? Penser au rôle des informations scientifiques qui combattent les « peurs » irrationnelles, notamment les statistiques, en apprenant aussi à mieux utiliser Internet : croiser les informations pour dégager leur validité :

EX :  par exemple sur les OVNI, vérifier les sources d’information en se méfiant des réseaux sociaux et des « forums » à propos de la vaccination.

AXE 3 : Le recours à l'ironie

Pour la même raison, l'argument se développe en deux temps, deux paragraphes. 

- Reprendre les connaissances sur l’ironie de Voltaire : le rôle du personnage, le comique, l'antiphrase

EX :  le « Huron », étranger qui crée donc un décalage avec les opinions communément admises par un lecteur français pour les démythifier, les effets cocasses qui ridiculisent les dogmes, telles les modalités de la confession, ou les superstitions, par exemple autour du baptême. L'antiphrase est fréquente dans plusieurs extraits de Candide de Voltaire, dans le chapitre évoquant la guerre, ou l’autodafé censé répondre au tremblement de terre de Lisbonne.

personnage de l’Ingénu quand il est confronté, par exemple, au baptême, quand il rencontre les huguenots et réfléchit à leur exil, en 

- Les appliquer à certaines des croyances irrationnelles formulées par R. Debré :

EX :  afin de ridiculiser le recours à l’astrologie ou à la voyance, ou la croyance à la psychocinétique, qui permettrait de déplacer des objets par le seul effet de l’esprit. On peut penser au rôle actuel des humoristes en scène, ou aux journaux satiriques, voire au rôle des caricatures.

Pour le sujet 2 : un plan dialectique

Même s'il est possible de se limiter à un plan analytique, nous proposerons ici un plan dialectique, qui doit, vu le temps imparti, rester simple en allant à l'essentiel. L'ordre des deux axes ressort du choix définitif de l'élève : ici il accepterait en partie le jugement de l'auteur, mais, dans une seconde partie, montrerait qu'il est excessif et que notre époque peut lutter contre toute cette "crédulité", et de façon plus efficace qu'au XVIIIème siècle.

AXE 1 : Certes, la "crédulité" reste très répandue en 2019..., qui traduit "la défaite de la raison et du bon sens"

AXE 2 : Mais bien des progrès ont été réalisés depuis le XVIIIème siècle

1er argument : L'excès des "peurs" actuelles, irrationnelles

Montrer la fausseté de certaines « peurs » en reprenant l’esprit critique des Lumières, qui s’appuie sur l’analyse rationnelle, sur l’importance de prouver une affirmation…

EX : les excès des collapsologues dans leur crainte d’une destruction de la planète, d’une disparition de toute vie, flore, faune et humaine en raison de la société industrielle et consommatrice.

2ème argument : La  persistance du manque de "bon sens"

Insister sur la persistance du manque de « raison » et de « bon sens », qui conduit à des croyances aveugles, fondées sur la seule émotion. Il s’agit alors de montrer la fausseté de ces croyances, en reprenant « l’esprit critique » prôné par les philosophes des Lumières.

EX : Le développement croissant des « fausses nouvelles » et rumeurs dans les médias, et notamment à travers les réseaux sociaux, et la remise en cause de pratiques médicales telle la vaccination.

1er argument : L'accès à l'information s'est développé

Rappeler qu'il restait encore limité au XVIII° siècle, et insister sur le rôle des technologies nouvelles, accru après 1976, date de l'ouvrage de Debré; qui diffusent les connaissances au niveau mondial, et dont on peut apprendre à se servir de façon pertinente,

EX :

  • au XVIII° s. : instruction limitée aux privilégiés, diffusion restreinte des informations et rôle de la censure ;

  • au XXI° s. : rôle du multimédia, notamment d’Internet, dont l’école apprend à se servir en mesurant la fiabilité des sources, par exemple à propos de la vaccination, différencier des informations de sources officielles de celles diffusées sur les réseaux sociaux ou les forums, invérifiables.

1er argument : La demande de vérité s'accroît

Au XVIII° siècle, les citoyens étaient encore très ignorants, et les superstitions abondaient. Aujourd'hui, m$eme si les « fausses rumeurs » circulent, les citoyens eux-mêmes apprennent à s’en méfier, voire les contestent en recherchant des informations fiables, et en diffusant les réponses « vraies » qu’ils ont pu découvrir.

EX :

  • au XVIII° siècle, les critiques de Voltaire dans L'Ingénu sur les superstitions, largement répandues ;

  • au XXI° s. : lors d’épidémies ou de catastrophes naturelles, le rôle des ONG ou des institutions telles la Croix Rouge, ou le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, qui apportent leur témoignage direct.

Pour s'exercer...
Pour lire le texte support de la contraction

Sujet 1 : Plusieurs passages du texte à contracter,  extrait de « L’usage du voyage en géographie », de Bruno Lecoquierre, expriment une opposition des « bons voyageurs aux mauvais touristes ». Comment pouvez-vous justifier cette opposition ?

Sujet 2 : Considérez-vous que le tourisme contemporain permette encore la découverte d’un « autre monde » ?

Dans les deux cas, la consigne est prolongée : Vous appuierez votre argumentation, structurée, sur votre connaissance du chapitre « Des cannibales », extrait des Essais de Montaigne, sur les textes et les documents et qui lui ont été associés dans un parcours intitulé « Notre monde vient d’en trouver un autre », et sur vos lectures personnelles.

Ch. Lemmel,Plage normande : Donville-les-Bains, vers 1930, gouache, collection Musée du Vieux Granville : projet d'affiche pour l’exposition « Destination Normandie, deux siècles de tourisme en Normandie (XIXe-XXe siècles) » à Caen,

QUESTIONS :

1. Analyser chacune de ces consignes.

2. Sur quels acquis est-il possible de s'appuyer ?

3. Proposer un plan, pour chacun des sujets, en associant chaque argument à au moins un exemple.

 
 
Rédiger l'essai
Introduire et conclure
ESSAI-intro.jpg
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Comme pour le commentaire littéraire ou la dissertation, l'introduction et la conclusion forment, chacune, un unique paragraphe. Elles sont nettement repérables par la/les ligne/s sautée/s qui les séparent du développement. Mais, en raison du temps plus réduit imparti à la rédaction de l'essai, elles doivent être brèves, aller rapidement à l'essentiel.

- L'introduction est une entrée progressive dans le devoir. Elle va donc du plus général (l'objet d'étude concerné par le texte qui a été contracté, et son thème du texte) au plus précis, l'annonce des axes de l'argumentation, sous la forme d'une question directe ou indirecte, en passant par la reprise de la problématique qu'induit la consigne. Il est conseillé d'articuler, au moyen de connecteurs logiques ces trois parties. 

. Inversement, la conclusion est une sortie progressive du devoir : le bilan s'élargit peu à peu. Bien évidemment les exigences seront adaptées au niveau scolaire : des candidats à l'EAF ne peuvent réaliser des introductions et des conclusions aussi élaborées que celles attendues d'étudiants post-baccalauréat.

Observons...

Reprenons l'exemple précédent du texte de Robert Debré, extrait de Ce que je crois, avec les deux sujets proposés.

  • Sujet 1 : En quoi l’esprit des Lumières serait-il utile pour répondre aux inquiétudes formulées par Robert Debré ?

  • Sujet 2 : Considérez-vous, comme Robert Debré, que notre époque fasse preuve d’une « crédulité qui manifeste la défaite du bon sens et de la raison » ?

Questions complétées par : Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur le texte de Robert Debré, sur l’œuvre étudiée, L’Ingénu de Voltaire, et le parcours associé, ainsi que sur vos lectures personnelles. 

        Robert Debré, dans cet extrait de Ce que je crois, paru en 1976, formule plusieurs  inquiétudes sur l’évolution des mentalités de notre époque, peurs excessives et fausses croyances, en regrettant le temps où la raison l’emportait sur l’irrationnel. Mais en quoi l’esprit des Lumières, analysé à travers L’ingénu de Voltaire, et plusieurs textes du XVIIIème siècle, pourrait-il être encore utile aujourd’hui, en aidant à répondre à ces inquiétudes ?D'abord, nous  nous nous intéresserons à l’importance de l’instruction, puis nous chercherons les moyens de développer la raison des citoyens. Enfin, n’est-il pas possible de recourir à l’ironie, comme les philosophes des Lumières ?  

L'introduction

Pour le premier sujet, nous constatons la progression de cette introduction :

- Son ouverture (en rouge) commence par  le plus général, le point de départ, le texte étudié, rapidement résumé.  

- Le sujet est ensuite posé, en reprenant (en bleu) la problématique de la consigne, liée à l'œuvre étudiée et aux textes associés dans cet objet d'étude. 

- Enfin vient l'annonce (en noir) ici de trois axes d'étude : ils peuvent être annoncés dans une phrase informative, ou sous forme interrogative, directe, voire indirecte. 

On notera l'emploi des connecteurs logiques (en vert) qui permettent d'enchaîner les trois parties, et l'ordre des axes annoncés.  

        Robert Debré, dans cet extrait de Ce que je crois, paru en 1976, critique notre époque, avec ses peurs excessives qui conduisent au triomphe de l'irrationnel. Mais pouvons-vous vraiment,  en nous appuyant sur notre connaissance de l'esprit des Lumières, notamment sur L'Ingénu de Voltaire, considérer que notre temps fasse preuve d'une "crédulité qui manifeste la défaite du bon sens et de la raison" ? Certes, le constat de Robert Debré peut être confirmé par bien des tendances de nos jours. Cependant, ne faut-il pas reconnaître que bien des progrès ont été réalisés au cours des siècles ? 

Pour le second sujet, nous constatons la progression de cette introduction :

- Son ouverture (en rouge) commence par  le plus général, le point de départ, le texte étudié, rapidement résumé.  

- Le sujet est ensuite posé, en reprenant (en bleu) les termes mêmes de Robert Debré, cités, et la problématique de la consigne, liée à l'œuvre étudiée et aux textes associés dans cet objet d'étude. 

- Enfin vient l'annonce (en noir) ici des deux axes du débat, dans l'ordre où ils vont être traités : ils peuvent être annoncés dans une phrase informative, ou sous forme interrogative, directe, voire indirecte. 

De la même façon, des connecteurs logiques (en vert) permettent d'enchaîner les trois parties, et de mettre en évidence le plan de l'argumentation, fondé sur la concession.    

La conclusion

        Cette question nous a permis de montrer que la réflexion des écrivains du passé, notamment des philosophes des Lumières, n’est en rien dépassée, mais nous offre, au contraire, un riche héritage dans lequel nous pouvons puiser, en l’adaptant, bien sûr, aux conditions de vie, aux réalités de notre époque, notamment aux progrès technologiques. Nous avons pu aussi constater que la nature humaine ne s’est pas modifiée en profondeur : l’homme reste porteur des mêmes désirs, des mêmes angoisses existentielles. De ce fait, nous pourrions nous interroger sur les moyens mis en œuvre par certains pour en tirer un profit personnel.

La conclusion, elle aussi, est progressive. Dans le premier sujet :

- La 1ère phrase (en noir) ouvre la conclusion en soulignant le centre d'intérêt du sujet proposé.

- Le  bilan (en bleu) pose de façon claire la réponse du candidat : il est possible cependant d'introduire une nuance.  

- Une phrase finale propose une ouverture (en rouge), c'est-à-dire un autre sujet qui pourrait conduire à prolonger le débat. 

Des connecteurs logiques (en vert) permettent de marquer la progression du bilan.   

       Cette réflexion nous a permis de trancher le débat, en étant moins sévère que ne l’est Robert Debré. Certes, nous avons pu constater que plusieurs de ses critiques restent bien actuelles, voire sont amplifiés à cause des progrès technologiques. Cependant, nous avons conclu en restant optimiste, qu’il est possible de remettre la raison au premier plan, notamment en puisant dans l’héritage des Lumières, réadapté à notre époque car la nature humaine s’est-elle véritablement modifiée en profondeur ? Si l’homme reste porteur des mêmes désirs, des mêmes angoisses existentielles, ne dispose-t-il pas toujours des mêmes facultés ?

La conclusion, elle aussi, est progressive. Dans le premier sujet :

- La 1ère phrase (en noir) ouvre la conclusion en soulignant le centre d'intérêt du sujet proposé.

- Le  bilan (en bleu) pose de façon claire la réponse du candidat : il reprend les deux axes de l'argumentation, en respectant leur ordre, et en insistant sur le choix définitif, ici plus "optimiste" que l'assertion de R.Debré.  

- La fin de la conclusion propose une ouverture (en rouge), ici en introduisant un questionnement, qui pourrait conduire à prolonger le débat. 

Les axes d'étude
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Le site officiel « éduscol » récapitule les attendus de cet exercice lors de l’EAF, gages de sa réussite :

• la prise en compte du sujet et l’effort de définition des enjeux de la question.

• la capacité à prendre appui sur la connaissance et la compréhension de l’œuvre et du parcours associé pour traiter de manière pertinente le sujet proposé. Sont à valoriser tout particulièrement la richesse des exemples, la finesse de l’analyse et de l’exploitation argumentative des références.

• la clarté du propos et la netteté de la progression argumentative.

• les qualités d’expression : correction de la langue, capacité à s’exprimer de manière fluide, juste et nuancée. Sont à valoriser les qualités au-delà de la simple correction : élégance, fluidité, sens des nuances, qualités rhétoriques…

L'essai analytique

Reprenons le sujet 1 de l'exercice précédent  : Plusieurs passages du texte à contracter, extraits de « L’usage du voyage en géographie » de Bruno Lecoquierre, expriment une opposition des « bons voyageurs aux mauvais touristes ». Comment pouvez-vous justifier cette opposition ? Vous appuierez votre argumentation, structurée, sur votre connaissance du chapitre « Des cannibales », extrait des Essais de Montaigne, sur les textes et les documents et qui lui ont été associés dans un parcours intitulé « Notre monde vient d’en trouver un autre », et sur vos lectures personnelles.

La formule "Comment pouvez-vous justifier" ne permet pas la contestation, que seule une conclusion peut envisager. Elle oblige à confirmer l'opposition introduite par le lexique cité : "bons voyageurs", "mauvais touristes". Cela conduit à poser deux axes dans l'argumentation, le premier mélioratif, le second péjoratif. Chacun d'eux se subdivise en sous-axes, c'est-à-dire en paragraphes. Mais l'essai, en raison du temps imparti, milité, va plus rapidement à l'essentiel, moins rigide dans sa structure que la dissertation. 

STRUCTURE-axe.jpg
L'essai dialectique - ou problématique

Reprenons le sujet 2 de l'exercice précédent : Considérez-vous que le tourisme contemporain permette encore la découverte d’un « autre monde » ? Vous appuierez votre argumentation, structurée, sur le texte à contracter, extrait de « L’usage du voyage en géographie » de Bruno Lecoquierre, sur votre connaissance du chapitre « Des cannibales », extrait des Essais de Montaigne, sur les textes et les documents et qui lui ont été associés dans un parcours intitulé « Notre monde vient d’en trouver un autre », et sur vos lectures personnelles.

Répétons d'abord que rien n'oblige, dans le cadre d'un essai, à aborder les deux aspects du débat. L'essai, par définitif subjectif, peut se limiter à une seule réponse, "oui" ou "non". Cependant, si le candidat choisit un plan dialectique,  là aussi un plan en deux parties est possible au niveau du lycée, où la réflexion est limitée, à la fois par le temps réduit imparti, et par les aptitudes propres à des élèves de 1ère. On a vu que l'ordre des axes est important : le second axe représente la thèse soutenue.

Un plan en trois parties est souhaité de la part d'étudiants plus avancés. Il se composera alors de :

  • la thèse, c'est-à-dire la proposition énoncée  comme point de départ : NON, les conditions du tourisme contemporain rendent difficile la découverte d'un "autre monde".

  • l'antithèse, qui inverse cette proposition : Cependant, ce "non" est trop sévère, car il est excessif de penser que cela doit devenu impossible, car le désir de "découverte" est loin d'avoir disparu. 

  • la synthèse, qui dépasse cette opposition : À quelles conditions le tourisme peut-il donc maintenir sa fonction de découverte de l'ailleurs et de l'autre ? 

Qu'il soit construit en deux ou trois axes, le développement de l'essai problématique adopte la même structure, avec des sous-axes qui s'enchaînent logiquement, une introduction et une phrase de bilan partielles au début et à la fin de chacun, et des exemples pour prouver l'argumentation.

Introduction partielle :

Plusieurs passages du texte de Bruno Lecoquierre introduisent l’opinion critique de ceux qui blâment le tourisme, tel qu’il est actuellement pratiqué, en temps réduit, organisé souvent et de masse, n’offre plus la possibilité de découvrir un « autre monde », ce que ne recherche d’ailleurs pas le voyageur ?

Conclusion partielle :

Le touriste du XXIème siècle n’a donc plus qu’un bien lointain rapport avec ce qu’il a été quand ce phénomène a réellement débuté, avec les voyageurs privilégiés du XIXème siècle. Cependant faut-il en déduire que toute « découverte » soit devenur impossible ?

Un exemple dans le site "éduscol"
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La rédaction d'un sous-axe

Observons le premier sous-axe, rédigé, du sujet 2, réponse négative à la question dont l’argument porte sur « le temps réduit ».

- La phrase d'ouverture (en rouge) pose brièvement l'argument,

- Le cœur du paragraphe développe, en deux temps,  l'argument, et le précise (en vert).

- Les exemples (en bleu)  soutiennent l'argumentation. Notons qu'il ne suffit pas de citer le nom de l'auteur ou le titre de son œuvre, mais qu'il convient d'être très précis, ce qui, bien sûr, est plus facile quand l’exemple est tiré du texte à contracter. Mais il peut être aussi pris dans l’œuvre étudiée, ou dans le parcours associé, qui a pu conduire à observer des documents diversifiés, tels ici ceux trouvés sur Internet.

- une phrase de bilan  (en noir) ferme le paragraphe. Non répétitive, elle affirme la position de l’émetteur.

Enfin, des connecteurs (soulignés) articulent les étapes du paragraphe, indiqué par l'alinéa, le texte en retrait.

         Le tourisme actuel est très dépendant des conditions sociales, limité au temps réduit d’un séjour de vacances, et les moyens de transport moderne, notamment l’avion, réduisent encore le temps du déplacement. Le touriste, en quelques heures, se retrouve ainsi dans un autre univers, sans s’être véritablement préparé à le découvrir. Il reste donc spectateur, ne peut entrer dans un véritable échange avec les habitants et n’approfondit rien. C’est ce que souligne la phrase de l’anthropologue Jean-Didier Urbain, citée dans le texte : « le touriste ne voyage pas. Adepte des “ circuits ”, il ne fait que circuler. » Encore plus net est le blâme d’un autre anthropologue, Marc Augé dans son ouvrage L’impossible Voyage, où il évoque l’absence de « toute proximité sociale » et conclut à « la conversion des uns en spectateurs et des autres en spectacle ». Déjà Montaigne dénonçait une forme de préjugé européocentriste, par l’ironie de la phrase finale du chapitre « Des cannibales » sur la réaction des Européens, « Mais quoi ils ne portent point de haut-de-chausses », qui ne s’attachent qu’à une différence vestimentaire superficielle entre eux et les Indiens. De même, comme on peut le constater en lisant certains blogs sur Internet, ou sur un site comme Instagram, bien des touristes, aujourd’hui, ne rapportent de leur séjour qu’une photo surprenante, une anecdote, en conservant leur sentiment de supériorité. Impossible alors de parler de découverte d’un « autre monde » !  

L'insertion de l'exemple

Poursuivons l'observation sur le même sujet, mais cette fois-ci à partir d’un argument positif, insistant sur les choix du touriste. L'argument est posé dans la première phrase, puis développé et précisé par deux analyses :

- la première est soutenue par deux exemples de récits de voyage, deux cas particuliers, celui d’un « grand reporter » et celui d’un « aventurier ». L’élève utilise ici, soit des textes intégrés dans le parcours associé à l’étude de Montaigne, soit une lecture personnelle, proposée par l’enseignant ou librement choisie. On note qu’il ne suffit pas de citer un nom ou un titre mais qu’il convient de prouver une réelle compréhension de l’intérêt de l’œuvre évoquée.

- la seconde analyse s’appuie sur un passage de l’œuvre étudiée, ici cité. Il est possible, en effet, de constituer, au cours de l’étude, un « carnet » de quelques citations, brèves, à mémoriser. Mais il serait possible aussi de ne pas en reprendre les mots exacts, mais d’en restituer seulement l’idée.

Quand les exemples sont des citations précises des textes, on observe les mêmes règles pour les insérer que celles présentées pour la rédaction de la réponse à toute question.

      Le touriste peut d’ailleurs choisir d’accomplir son voyage dans des conditions qui lui permettent une réelle découverte, à la fois des lieux parcourus et des peuples rencontrés. Ainsi, s’il renonce au circuit organisé pour privilégier un voyage individuel, ses rencontres ne dépendent que de lui. Il peut prendre le temps d’entrer en contact avec les peuples étrangers, en respectant leur mode de vie et en tentant le plus possible, de surmonter l’obstacle de la langue. En gardant l’esprit ouvert, il pourra mieux comprendre le sens de ce qu’il observe. Par exemple, un grand reporter, tel Olivier Weber, fait preuve de cette attitude dans ses nombreux récits de voyage aux quatre coins du monde, notamment sur la route de la soie, au Cambodge ou, comme dans Le Faucon afghan, récit de son immersion au pays des Talibans, paru en 2001. De même Sylvain Tesson, dans Éloge de l’énergie vagabonde (2009), insiste sur l’importance de prendre le temps, de recourir à divers moyens de transport, d’avoir la patience d’de construire un échange avec les peuples rencontrés. Cela amène donc à accepter les aléas de l’inconnu, voire les risques, pour qu’un véritable dépaysement oblige à une remise en question de ses coutumes et conduise à renoncer, souvent, à bien des préjugés. C’est ce qu’écrivait déjà Montaigne dans « Des cannibales » après ses lectures des récits des grandes découvertes : « il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Non seulement le tourisme peut alors tirer profit de son expérience, mais même le faire partager à des lecteurs.

Pour s'exercer...

À partir de la préparation du second sujet, prenant toujours comme point de départ le texte de Bruno Lecoquierre, rédiger ce sous-axe, en veillant tout particulièrement à la progression de l'argumentation et à l'emploi des exemples. 

AXE 1 : Le tourisme actuel » rend , certes, difficile la « découverte d’un autre monde ».

2ème argument : Le touriste, destructeur et prédateur

Là où le « voyageur » respecte le pays et le mode de vie des habitants, le « touriste », lui, arrive avec son argent, qui rend les peuples indigènes avides, se comporte souvent de façon irrespectueuse, par son habillement par exemple, et, quand il s’agit de « tourisme de masse », il détruit l’environnement.

EX :  Le texte support : « le voyageur observe, découvre, respecte, préserve, améliore, sauve ou espère sauver le monde ». Cela se trouve contredit par le sociologue Rodolphe Cristin qui, dans Manuel de l’anti-tourisme, développe, à partir de l'explosion des offres low-cost et des menaces, notables par exemple, dans l’Himalaya, une réflexion amère sur l'industrie touristique qui aliène chacun, et menace l'équilibre de la planète. 

Une démarche progressive pour s'exercer
une stratégie

Il serait difficile d'aborder l'essai directement à partir des modalités prévues pour l'EAF, avec pour support un texte de 1000 mots. De même, il est impossible d'attendre une rédaction complète de la part d'un élève encore jeune, qui éprouve encore des difficultés pour construire une argumentation, pour développer et préciser une analyse, et pour utiliser habilement ses cours, les textes et les documents dont il dispose.
C'est pourquoi, il est souhaitable d'aborder progressivement l'exercice en classe de 2nde, dans la continuité de la 3ème, pour insister sur la structure de l'argumentation notamment et sur l'insertion des exemples, en réservant l'amélioration de la précision des analyses  et de la rédaction à la classe de 1ère. 

Une approche de l'argumentation en 2nde : comment convaincre ?

En classe de 3ème, les collégiens ont déjà abordé l’argumentation, en distinguant notamment « convaincre », c’est-à-dire la démarche adoptée avec une attention particulière portée aux relations logiques, aussi bien étudiée en grammaire et à partir du choix des connecteurs, et « persuader », soient les procédés mis en œuvre pour provoquer une émotion sur le lecteur et entraîner son adhésion.

En 2nde, il est utile de réactiver ces acquis, et de les approfondir tout au long de l’année scolaire par des exercices diversifiés.

Pour étudier l'argumentation

La pratique de l’oral, effectuée lors des explications de textes ou des lectures cursives, permet de solliciter régulièrement une argumentation : on demande à l’élève de porter un jugement, par exemple sur le choix d’un lieu, sur le point de vue exprimé par un personnage, sur une critique formulée par un auteur. Ce jugement doit être justifié par un ou deux arguments, en s’appuyant sur des passages du texte support.

Observons...
xAlfred_de_Musset_-_Les_Caprices_de_Mari

Illustration des Caprices de Marianne, de Musset

MARIANNE. – Qu’est-ce après tout qu’une femme ? L’occupation d’un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu’on porte à ses lèvres et qu’on jette par-dessus son épaule. Une femme ! c’est une partie de plaisir ! Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : Voilà une belle nuit qui passe ? Et ne serait-ce pas un grand écolier en de telles matières, que celui qui baisserait les yeux devant elle, qui se dirait tout bas : « Voilà peut-être le bonheur d’une vie entière, » et qui la laisserait passer ?

Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, 1833, II, 1

Le point de départ de l’essai est une courte réplique de l’héroïne de Musset face à Octave, porte-parole de l’amour de Cœlio pour elle. 

Sujet : En quoi les reproches que Musset, par l’intermédiaire de son héroïne, Marianne, adresse à la conception de la femme au XIXème siècle, sont-ils encore pertinents à notre époque ?

Proposer : une analyse de la consigne, un plan de l’argumentation, une recherche des exemples

Puis rédiger une introduction.

Analyse de la consigne

- La question, introduite par "En quoi" est fermée. Elle oblige donc à  accepter les « reproches » formulés dans la réplique de Marianne. C'est un essai analytique.

- Le verbe-clé, "sont" a pour sujet "les reproches" et pour attribut, l’adjectif "pertinents", qui signifie exactement adaptés, justes. Il s’agit donc de dégager das ce court extrait les « reproches » lancés par l'héroïne. Les indices temporels, "XIXème siècle", "encore", "à notre époque", conduisent à réfléchir à leur actualité. Pourquoi pouvons-nous les lancer aujourd’hui en observant la condition féminine ?

Plan de l'argumentation

L’argumentation se construit à partir des deux reproches :

  • Le 1er repose sur deux expressions, « l’occupation d’un moment » et « une partie de plaisir » = un argument : la femme est considérée comme un objet, destinée à satisfaire un désir éphémère. C’est d’abord son physique qui importe, il s’agit de la séduire au plus vite, de façon totalement égoïste.

  • Le 2nde ressort de la phrase rapportée au discours direct, « Voilà peut-être le bonheur d’une vie entière ».  Cette conception de la femme interdit d’envisager avec elle une relation amoureuse approfondie, durable. Ce qui est primordial est la conquête, et non plus le mariage et l’harmonie entre deux êtres.

Recherche des exemples
Pour voir une étude complète de la pièce de Musset

- Dans l’œuvre de Musset :

  • à plusieurs reprises la formule « belle Marianne » et sa phrase qui conclut son premier entretien avec elle « Ma foi ! ma foi ! elle a de beaux yeux. » + Pour se consoler de sa solitude après le rejet de Marianne, Octave fait appel à « Rosalinde », une « fille de joie », et à une bouteille de Lacryma-Christi » = cela montre bien qu’il s’agit d’abord de s’accorder un moment de plaisir, superficiel.

  • Marianne elle-même est l’image de la « mal-mariée ». Elle a rêvé d’amour, comme le souhaitaient alors les Romantiques, mais elle se retrouve prisonnière d’un mari jaloux er grotesque. Cœlio la déçoit aussi, en n’étant pas capable de se déclarer lui-même.

Musset, Les Caprices de Marianne

- Dans notre société actuelle

  • la femme reste vue comme « objet-sexuel », par exemple dans les publicités, quand elle est utilisée pour vendre des voitures, mais aussi dans des compétitions sportives, comme une sorte de trophée pour le vainqueur du Tour de France, ou même professionnellement, par exemple en tant qu’hôtesse dans les expositions. Cf. aussi la loi récente contre le harcèlement dans la rue.

  • Une diminution, du moins en Europe, des mariages arrangés, mais une augmentation importante du nombre de divorces, et des femmes abandonnées par le père de leur enfant, qui n’envisageait pas une union durable avec elle.

Introduction de l'essai

Nous constatons la progression de cette introduction :

- Son ouverture (en rouge) commence par  le plus général, le point de départ, le texte étudié, rapidement résumé.  

- Le sujet est ensuite posé, en reprenant (en bleu) la problématique de la consigne.

- Enfin vient l'annonce (en noir) ici de deux axes d'argumentation : ils peuvent être annoncés dans une phrase informative, ou sous forme interrogative, directe, voire indirecte. 

Dans une discussion avec Octave, porte-parole de l’amour de son ami Cœlio pour Marianne dans la pièce de Musset, Les Caprices de Marianne, datant de 1833, celle-ci s’indigne de cette tentative pour la séduire, en critiquant la conception de la femme qui règne au XIXème siècle. Mais en quoi ses reproches sont-ils encore pertinents à notre époque, c’est-à-dire justes et adaptés à nos propres comportements ? Pour montrer leur actualité, nous nous intéresserons d’abord à l’image de la femme-objet. Celle-ci la n’interdit-il pas, en fait, le véritable amour ? 

Pour s'exercer...
Pour lire l'extrait de Voltaire, et découvrir son analyse 

À partir d'un texte : construire et rédiger un paragraphe

Un parcours intitulé « Quelles luttes pour les femmes ? » peut être associé à l’étude de la pièce de Musset, Les Caprices de Marianne. Après la contraction en 140 mots (plus ou moins 10%) d’un extrait d’un pamphlet de Voltaire, « Femmes, soyez soumises à vos maris ! » (586 mots), est proposé le sujet de l'essai : Dans le texte de Voltaire, la maréchale de Grancey s’élève avec force contre une conception de la femme fondée sur le sentiment de « supériorité » des hommes. Son argumentation critique vous paraît-elle encore actuelle ?  

Proposer : une analyse de la consigne et un plan de l’argumentation, associant les arguments à des exemples,

Puis rédiger : le premier sous-axe traité pour refuser l'actualité de cette argumentation, et la conclusion de l'essai.

À partir d'une œuvre : choisir et insérer les exemples

 

Sujet de l'essai : En quoi le monde animal peut-il servir de modèle à une réflexion de l’homme sur sa société et sur lui-même ? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur l’œuvre étudiée, mise en relation avec les questions de notre époque.

Proposer : une analyse de la consigne et un plan de l'argumentation ;

Rechercher : pour chaque argument, un exemple pertinent emprunté à l'oeuvre étudiée ;

Puis rédiger : un sous-axe, en veillant à l'insertion et à l'exploitation des exemples.

Illustration d' Épinal, BnF

L'étude du monde animal dans le Livre I des Fables 

À partir d'un parcours sur l'objet d'étude : "Littérature d'idées et presse" : un thème "L'esclavage"

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Choisir, exploiter t insérer les exemples

 

SujetDe quelles armes disposent aujourd’hui ceux qui entreprennent de lutter contre les formes nouvelles d’esclavage ?

Vous répondrez à cette question dans un développement structuré, soutenu par des exemples empruntés au parcours étudié, et à vos lectures personnelles.

Proposer : une analyse de la consigne et le plan du développement ;

Puis rechercher les exemples : mettre chaque élément de la réflexion en relation avec un texte ou un document étudié dans le parcours, en précisant son exploitation.

Pour voir l'étude du parcours 
Un approfondissement en 1ère : comment persuader ? 

- En classe de 2nde, on s’attache aux fondements même de toute argumentation : identifier son thème, poser une thèse, construire une démarche argumentative rigoureuse, analyse ou débat, en relation avec la consigne et l’opinion adoptée, choisir des exemples pertinents dans les documents étudiés et à partir des connaissances personnelles de l’élève. Enfin, on apprend à rédiger un paragraphe solide, en utilisant des connecteurs logiques appropriés, en précisant et en insérant correctement les exemples.

- En 1ère, ces acquis sont, dans un premier temps, révisés. Mais cette seconde année est aussi consacrée à « l’art de persuader », pour mettre mieux en valeur la dimension subjective propre à l’essai. Il s’agit d’abord de prêter attention à l’énonciation, afin d’accentuer l’implication de l’émetteur et son interpellation du lecteur, qu’il veut toucher, ce qui implique de modaliser l’énoncé. Si une première approche des procédés de modalisation a été faite en 2nde, lors, notamment des explications de textes, et au moyen d’écrits d’appropriation, cette étude devra, en 1ère, être directement appliquée à l’essai, dont l’écriture, tout en restant grammaticalement correcte, pourra ainsi gagner en fluidité et en expressivité.​

Pour réviser l'argumentation... 
l'énonciation...
la modalisation
Lecomte du Nouÿ, "Démosthène au bord de la mer s'exerçant à la parole"

J. J.-A. Lecomte du Nouÿ, Démosthène au bord de la mer s'exerçant à la parole,

1872. Huile sur panneau, 47,5 x 38. Collection privée.

Observons...
Pour lire l'extrait de Candide
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SUJET : Après avoir contracté le texte extrait du chapitre III de Candide de Voltaire en 90 mots (plus ou moins 10%), vous vous demanderez s’il est encore possible de partager, aujourd’hui, l’indignation de ce philosophe contre la guerre.

Votre argumentation structurée répondra à cette question, en s’appuyant sur des exemples précis, notamment sur votre connaissance de L’Ingénu de Voltaire.

Analyse de la consigne
  • La question, indirecte, est ouverte : il est possible d’y répondre par « oui » ou « non », voire en posant ce double aspect, en mettant en valeur, dans un 2nd axe, l’opinion définitive du candidat.

  • La problématique du sujet : le groupe verbal –clé, « peut-elle être partagée », a pour sujet « l’indignation », c’est-à-dire la critique violente de Voltaire « contre la guerre ». L’adverbe « encore » invite à comparer la situation du XVIIIème siècle à celle de notre époque.

  • L’annonce des deux axes de l’argumentation : un débat, qui montre le choix nuancé du candidat. Dans un premier temps, il admet des « efforts », mais ensuite la phrase interro-négative marque nettement sa colère.  

On observera le rôle et le choix des connecteurs.

Introduire et conclure

INTRODUCTION

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CONCLUSION

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Développement de l'argumentation

Dans le corrigé proposé, la longueur impartie à chaque axe signale clairement l'opinion du candidat : après une concession à l'opinion adverse, grâce à un argument développé dans l'axe II introduit, lui 4 arguments. 

On observera :

- d'une part la démarche argumentative, sa progression marquée par les connecteurs logiques, la structure du paragraphe avec la place accordée aux exemples.

- d'autre part, le choix de l'énonciation, notamment la relation entre l'émetteur et son destinataire, et les procédés de modalisation : choix du lexique, modalités et rythme des phrases, recours aux figures de style, telles l'hyperbole ou l'ironie. 

AXE II

AXE I

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Pour s'exercer...
Pour voir une analyse de la pièce

À partir d'une œuvre : Molière, L'École des femmes, 1662

 

SUJET : En quoi les critiques et la sagesse mises en scène par Molière dans sa comédie, L'École des femmes, peuvent-elles donner sens aux luttes actuelles des femmes ? 

Proposer : une analyse de la consigne et un plan de l'argumentation ;

Rechercher : pour chaque argument, les exemples pertinents empruntés à l'oeuvre étudiée ;

Puis rédiger : l'introduction et le premier axe de l'argumentation. 

Molière, L'Ecole des femmes, 1662

À partir d'un parcours sur l'objet d'étude, "Littérature d'idées" : " La  lutte contre l'esclavage au XVIIIème siècle", 

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Pour voir l'étude du parcours 
Parcours-esclavage-XVIII-2.jpg

SUJET 

En vous appuyant sur le parcours associé à « l’esprit des Lumières », textes, documents et lectures cursives, vous vous interrogerez sur le sens qu’il est possible de donner aujourd’hui aux « Droits de l’homme », et sur les moyens de les défendre.

Proposer une analyse de la consigne et un plan de l'argumentation, puis  rédiger l'essai